Savoir partager, c'est savoir jouir de la vie
Toutes les couleurs sont belles
Nous vivons dans un monde où bien souvent la tolérance n’est plus qu’un mot vidé de son sens. Le complotisme et la haine de l’autre vont bon train. Ce qui suit n’est qu’un avis personnel qui n’engage que son autrice, mais voilà, j’ai envie d‘e partager’exprimer mes pensées !

Qui suis-je pour juger l’autre ?
Si nous étions nombreux à sincèrement nous poser cette question, nous vivrions dans un monde meilleur ! Je n’ai aucun doute là-dessus !
Le racisme n’est qu’une des malédictions de ce monde où la couleur de la peau et le pays d’origine ne sont qu’un aspect des grandes maladies de ce monde.
Les blancs qui sont nés avec leur couleur de peau, ont-ils un mérité quelconque ? Les noirs qui sont nés avec leur couleur de peau, est-ce de leur faute ?
Bien-sûr que non !
On peut se poser la même question sur la richesse ou la pauvreté. Donald Trump a-t-il un quelconque mérite d’être né dans une famille riche et est-ce que cela l’autorise de se comporter comme il le fait ? Bien-sûr que non !
L’enfant palestinien né à Gaza est-il responsable de ce qu’ont vécu des millions de Juifs pendant la 2nde guerre mondiale ? Bien-sûr que non ! Mais pourquoi lui fait-on subir faim, soif, peur, perte de ses parents et proches ? Il est né pauvre, il est né dans la souffrance et vivra toute sa courte vie (car il a peu de chances de vivre vieux) dans la souffrance ! Comment ne pas haïr ceux et celles qui sont à l’origine de ses souffrances ou qui sont complices des actes de guerre commis à Gaza. La jeune génération de Palestiniens est-elle responsable de devenir un peuple de plus en plus habité par la haine et par des souffrances psychiques, morales et physiques, alors qu’elle sait que les voisins israéliens ont volé la terre de leurs ancêtres sous prétexte qu’Israël a droit au retour dans la Terre Promise ?
Les Ukrainiens d’origine russe doivent également très mal vivre ce qui se passe dans leur pays. Mais ce n’est pas leur faute qu’un fou furieux dictateur a décidé d’envahir l’Ukraine pour en faire sa propriété. C’est un cerveau malade dans un monde de gens malades de vouloir contrôler et manipuler les autres…
Se donner le droit de juger les autres, c’est la norme sur les réseaux sociaux
Ce qui me surprend bien souvent, c’est que même des personnes instruites qui ont une bonne formation universitaire peuvent complètement « perdre les pédales » sur les réseaux sociaux. Ex-Twitter devenu X détient probablement la palme d’or de la toxicité. Récemment, il a fait dérailler un universitaire spécialiste des États-Unis qui s’est senti de plus en plus harcelé. Pour finir, il avait l’impression d’être devenu l’objet de haine de certains individus. Peu à peu, même ses followers bienveillants sont devenus pour lui des ennemis. A son tour, ce monsieur est devenu nocif pour un groupe de personnes qu’il a intitulé lui-même être une secte. Il a diffusé pendant un bon moment des inepties les concernant, des contenus totalement indignes d’un professeur enseignant à l’université au point qu’on peut craindre pour sa santé psychique. Il est arrivé au stade à ne plus supporter l’idée que tel follower suive également un autre spécialiste des États-Unis, spécialiste qu’il avait pourtant jugé comme l’un des meilleurs très peu de temps auparavant. Après avoir bloqué à tour de bras des personnes pourtant innocentes qui n’avaient jamais interagi sur son compte, il s’est créé une image très négative de lui-même, parce que la peur du jugement de l’autre l’a fait complètement dérailler. Être professeur d’université, à la retraite depuis peu, mais refuser le dialogue de peur d’être mal jugé, voilà une bien triste fin de carrière pour ce monsieur.
Souvent, les réseaux sociaux deviennent un véritable « panier à crabes » d’où il est essentiel de se retirer à temps pour se préserver et pour préserver ses proches. Car oui, on est vite jugé par les autres qui ne nous connaissent pourtant qu’à travers nos écrits et nos réactions, c’est à dire : si peu ! Malheureusement, l’addiction aux réseaux sociaux fait que certaines personnes sont incapables de fermer leur compte ou du moins à ne plus consulter les messages pendant quelques semaines.
Savoir être humble face aux coups durs de la vie
Nous vivons une époque où les questions sociétales occupent une grande place dans les médias. Le mariage pour tous, le droit à l’avortement, le droit à mourir dans la dignité…, autant de sujets qui divisent et attisent le mépris et l’intolérance.
Les États-Unis sont devenus une nation où les femmes n’ont plus le droit de décider de leur corps et si oui ou non elles sont capables d’affronter une grossesse, même si celle-ci survient après un viol ou une inceste ou qu’il est avéré que le fœtus n’est pas viable et met même en danger la vie de la femme enceinte. En tant que chrétienne, je ne suis pas POUR l’avortement qui à mes yeux doit rester strictement limité à certains cas spécifiques et en aucun cas répondre à une décision légère suite à une soirée trop arrosée qui a eu pour conséquence une grossesse non désirée.
Mais qui suis-je pour juger une femme qui a décidé de demander l’avortement ? A plus forte raison, je me demande qui sont ces hommes politiques, ces femmes extrémistes pro-life (qui mériteraient de connaître elles-mêmes un drame pour apprendre la compassion !), pour persécuter des femmes qui ont pourtant de bonnes raisons pour demander l’avortement ? Poursuivre ces femmes comme si c’étaient des criminelles…., c’est vraiment terrible comme dérive dans la société américaine !
Je pense à cette Texane, enceinte de son 3ème enfant, malheureusement atteint de graves malformations, donc non viable. Mais cette grossesse mettait en danger la vie de cette mère de famille. Malgré cela, il lui était interdit de se faire avorter au Texas. Elle a dû se rendre dans un autre État pour accéder à cette intervention qui a pourtant permis à ses deux enfants de ne pas devenir orphelins de mère. Je m’imagine comment cette pauvre femme est maintenant traitée par ses voisins dans un environnement complètement hostile aux femmes qui osent braver l’interdiction d’avorter en se rendant dans un autre état !
Combien de mères de famille vont mourir en couche à cause de l’interdiction d’avorter ? Aucun homme ne devrait avoir le droit de juger ces femmes ! Ce ne sont pas les hommes qui portent les enfants et qui enfantent dans la douleur ! Pour les hommes, faire un enfant est un acte rapide et bien plaisant. Pour beaucoup de femmes, heureusement, c’est un bonheur indescriptible de donner vie à un enfant, mais pour d’autres, cela peut s’avérer terrible. Soyons humbles et arrêtons de reculer là où la société moderne permet de soigner et ceci d’autant plus si la vie de la future mère est en jeu.
Les souffrances de l’homosexualité
L’Église Protestante Unie de France permet le mariage homosexuel. Même si pour certains, c’était une décision et donc une limite à ne pas franchir, que cela reste relativement rare, cela a permis à certaines chrétiennes et certains chrétiens de moins souffrir. Qui suis-je pour me permettre de juger telle femme, tel homme, qui a une compagne/un compagnon du même sexe ? Dans un monde idéal, chacun vivrait heureux avec un.e conjoint.e du sexe opposé. Dans un monde idéal, chacun.e ne souffrirait jamais de l’intolérance, de la haine, du mépris, de l’irrespect de son prochain ! Qui suis-je pour dire que tel péché est pire qu’un autre ?
Dans notre paroisse, nous avons une femme retraitée qui avait des enfants (puisqu’elle est grand-mère maintenant), mais qu’elle s’est mise en couple avec une femme il y a quelques années et a demandé la bénédiction d’un pasteur sur son union homosexuel. C’est une femme d’une gentillesse incroyable, souriante, bien dans sa peau et même très engagée dans l’Église ! Sa compagne ne vient jamais au Temple, mais même si c’était le cas, elle mériterait tout autant notre considération !
Nous comptons aussi un homme homosexuel parmi les paroissiens. C’est un homme assez timide et très discret qui vient toujours seul au Temple. Il s’est ouvert à certains paroissiens sur son homosexualité et il sait que nous ne le jugeons pas, que nous l’acceptons parmi nous au même titre que les autres paroissiens. Je suis sûre que Jésus-Christ voudrait que nous lui témoignons de notre amicale affection au lieu de le mépriser et le juger !
Mourir sans souffrir, mourir dans la dignité
Nous devrons tous passer un jour par là : quitter cette terre et parfois, ces moments sont très rapides et sans souffrances pour l’individu alors que pour d’autres, pouvoir mourir est une délivrance après une période plus ou moins longue d’intenses souffrances physiques, psychiques, morales…
En France, contrairement à la Belgique ou à la Suisse, en cette fin d’hiver 2024, il n’y a toujours aucune possibilité d’avoir accès au suicide assisté ou à l’aide active pour mourir dans la dignité. J’espère sincèrement que l’été 2024 apportera une législation mieux encadrée pour ouvrir le droit au suicide assisté.
Pour avoir subi une grave dépression avec des envies de suicide assez intenses (qui m’ont conduit au bord du précipice à 3 reprises), je peux en témoigner que parfois, la vie devient difficilement supportable. Enfermée dans la surdité très sévère avec des acouphènes très intenses, j’ai cru devenir folle et à l’époque je ne savais pas que j’allais avoir le bonheur de revenir à la vie familiale et sociale grâce à l’implantation cochléaire. Et pourtant, mon cas était bien moins grave que ce que vivent les personnes atteintes de la maladie de Charcot ou d’autres affections qui font que l’individu est enfermé dans son corps comme dans une prison. La vie n’a alors plus aucun sens, il n’y a plus espoir de retrouver la joie d’une vie supportable.
Comment peut-on refuser à ces personnes de partir dignement ? Qui suis-je pour juger ces personnes qui souhaitent mettre fin à leur vie ?
J’invite toute personne à rédiger, puis à transmettre à une ou deux personnes de confiance ses « directives anticipées concernant les situations de fin de vie ». D’une part, j’estime que ce n’est pas à mes proches de devoir décider pour moi, si la situation devait être compliquée. D’autre part, je le fais par amour pour mes proches pour leur permettre de me représenter le jour où je ne serai plus en mesure de défendre moi-même ce que j’aurais aimé vivre.
