Bien entendre, c'est mieux vivre !
Vie associative
Participer à la vie associative permet de garder le lien social, est important et même recommandé aux personnes souffrant de déficiences auditives.

Comme pour toute activité en groupe, la vie associative représente certaines difficultés à cause du nombre de personnes réunies pour partager une activité. Toute réunion peut représenter un problème pour la personne malentendante qui ne peut comprendre, sauf si on lui offre un accueil adapté, notamment grâce à la mise en place d’une boucle d’induction magnétique et si possible aussi d’une vidéoprojection ce qui facilite la compréhension d’informations transmises oralement. Les personnes sourdes de naissance dont le mode de communication principal est la LSF ne peuvent s’intégrer que dans des associations de personnes qui connaissent elles-mêmes la LSF.
La loi du 11 février 2005 favorisait l’installation de boucles d’induction magnétique dans des salles communales, mais malheureusement, ce système est aujourd’hui totalement obsolète. De toute façon, beaucoup d’entre elles ne fonctionnaient pas de manière satisfaisante. Certaines communes avaient fait installer ce dispositif par des fournisseurs (électriciens, sociétés spécialisées dans l’audiovisuelle, etc.) qui n’avaient pas les compétences nécessaires.
Depuis, le Bluetooth est devenu la norme et bien de malentendants utilisent un accessoire de type « mini-micro » pour mieux comprendre en réunion.
Pourquoi les personnes malentendantes ne participent pas ?
Il n’est pas rare d’entendre le regret de ne pas voir participer les personnes malentendantes aux réunions de consultation menées par les communes ou autres collectivités ! Dans l’esprit de la loi du 11 février 2005, des comités consultatifs ville-handicap ont vu le jour auxquels les personnes à mobilité réduite et les personnes déficientes visuelles, ainsi que les représentants des personnes handicapées psychiques et d’autres familles de handicaps ont régulièrement participé.
Par contre, dans de nombreux comités, il n’y avait aucune personne malentendante ou sourde. On n’aurait pas l’idée de demander à une personne en fauteuil roulant de monter un escalier, mais en revanche, cela ne choque pas du tout de demander aux personnes malentendantes de suivre ces réunions dans des conditions totalement inadaptées au handicap auditif, autour d’une grande table, sans microphone et presque toujours sans une boucle d’induction magnétique, sans interprète LSF…
Ce n’est donc pas étonnant de ne pas voir participer les personnes malentendantes à ces réunions !
Le handicap auditif désocialise
Mais il y a certainement d’autres raisons qui sont à l’origine de l’absence des personnes malentendantes de la vie associative et plus généralement de la vie sociale et culturelle. Le handicap auditif, peu à peu, entraîne une forme plus ou moins sévère de désocialisation. Plus le sujet atteint de troubles de l’audition est âgé, moins il est encore capable de s’adapter et il est donc d’autant plus courant d’éviter les réunions et l’engagement associatif.
Et les associations des DSME ?
Les associations de personnes devenues sourdes et malentendantes (DSME) peinent à avancer en raison du manque d’engagement de leurs adhérents volontaires pour représenter leur intérêt et défendre leurs causes auprès des autorités locales, territoriales et publiques. Les réseaux sociaux sont parfois le reflet du mécontentement des déficients auditifs qui sont déçus en voyant que leurs intérêts ne sont pas respectés comme la loi du 11 février 2005 le leur aurait laissé croire. La qualité du sous-titrage à la télévision ou pire, l’absence de sous-titres, n’est qu’un exemple ! Le nombre de séances extrêmement faible de films en VFST dans les cinémas français en est un autre exemple !
Mais en réalité, c’est le serpent qui se mord la queue ! Tant que les personnes malentendantes ne comprennent pas qu’il faut s’engager dans la vie associative pour faire bouger les choses, tant qu’elles préfèrent attendre chez elles que les autres le fassent à leur place, il y a peu de chance que les choses changent.
Les dispositifs pour accueillir les malentendants ne sont que très rarement testés par les personnes intéressées ce qui conduit les responsables d’accueil à douter de leur utilité, voire à négliger leur maintenance. Les personnels de l’accueil dans les E.R.P. changent et leurs remplaçants ne sont pas formés à l’accueil des personnes malentendantes ce qui fait que les dispositifs sont souvent rangés dans un placard après n’avoir jamais ou presque jamais servi…
Il existe des solutions, mais il faut savoir s’en saisir
C’était le message qu’Audition et Vie souhaitait transmettre aux personnes malentendantes ! Sortir de son isolement social pour se joindre à une association de personnes malentendantes et devenues sourdes est le premier pas vers l’amélioration d’une situation subie. Échangez avec des personnes qui vivent des situations similaires !
Dans certaines régions, aucune association n’existe ! Pourquoi ne pas créer une nouvelle association ? Il ne faut être que trois personnes pour pouvoir créer une association, puis un peu de volonté et de l’huile de coude pour aller de l’avant. Par la suite, contactez le Bucodes SurdiFrance pour demander l’affiliation à cette union et contribuer à faire avancer les intérêts communs des DSME.

