L’implant cochléaire

Lorsque la surdité de perception est devenue trop sévère, les appareils de correction auditive conventionnels ne peuvent plus apporter une correction auditive efficace. Il est alors grand temps de prendre rendez-vous dans un centre hospitalier qui pratique l’implantation cochléaire. Ce blog n’a pas pour vocation d’aller dans les détails. Toute personne qui recherche des informations pertinentes et complètes est invitée à explorer le site de l’association CISIC. Ce site est une mine d’informations incomparable, permet de lire de nombreux témoignages, de trouver tous les renseignements utiles par rapport aux fabricants d’implants cochléaires, leur prise en charge par la CPAM, puis oriente vers des bénévoles implantés cochléaires ou des parents d’enfants implantés cochléaires.

Mon vécu avec l’implant cochléaire

Je ne reviendrai plus sur l’historique de ma surdité dont j’ai déjà parlé dans ma présentation. C’est en été 2005 que j’ai réalisé que ma surdité de perception évolutive avait atteint un stade de sévérité qui rentrait dans les critères de l’implantation cochléaire. Dès septembre, j’ai entamé les examens et consultations pré-opératoires et courant novembre j’ai eu la confirmation que je serai implantée le 13 janvier 2006 dans l’oreille gauche. Comme j’avais expérimenté avec bonheur le confort d’écoute grâce à la boucle d’induction magnétique (« position T »), j’ai demandé à ce qu’on m’implante la marque COCHLEAR afin que je puisse bénéficier du processeur FREEDOM, seul processeur à l’époque qui disposait de la position T.

N’ayant pas été sourde profonde depuis longtemps, l’implant cochléaire avait été pour moi la solution idéale pour revenir à l’audition et à l’écoute (le nom de l’association que j’avais créée en novembre 2004), sans me douter qu’à peine quelques mois plus tard, j’aurai le bonheur d’expérimenter la réalité de ces deux mots. En effet, la rééducation avec mon premier implant cochléaire avait été très rapide (en quelques semaines !) et je pense que l’audition résiduelle de l’oreille droite, appareillée encore avec un appareil de correction auditive conventionnel et surpuissant, a permis à mon cerveau de rapidement synchroniser les sons qui peu à peu sont devenus presque naturels, puis naturels.

L’oreille droite a suivi le même chemin que l’oreille gauche. L’été 2010, j’ai constaté du jour au lendemain que l’audition résiduelle avait encore terriblement baissé. J’avais surtout de plus en plus du mal à supporter les bruits sur les fréquences de 1000 et 2000 Hz, pourtant essentielles pour la compréhension de la parole. Mon audioprothésiste avait décidé de « couper » ces fréquences et ce n’étaient donc plus que des restes sur les fréquences de 250 et 500 Hz qui m’ont amenée jusqu’au jour de l’implantation controlatérale en avril 2011. Alors que je pensais que ce n’était qu’une affaire de quelques semaines de rééducation, la 2ème opération s’était avérée bien moins efficace. Très rapidement, j’avais constaté des micro-coupures incompréhensibles qui se sont avérées être le début d’une série de dysfonctionnements qui ont conduite à l’explantation/ré-implantation en avril 2013. A ce moment-là, tous les centres d’implantation savaient déjà que la société COCHLEAR (et donc ses patients) devait faire face à une série d’implant qui dysfonctionnait. Je n’étais pas la seule à devoir repasser par l’opération, mais par la suite, les choses se sont très rapidement révélées très bonnes pour moi.

L’oreille droite est toujours restée légèrement moins bonne que l’oreille gauche, mais il paraît que c’est tout à fait normal. La plupart des personnes qui se sont fait implanter une oreille après l’autre témoignent de la même expérience : c’est la première oreille qui est celle qui est plus efficace. Cependant, la différence est minime ! Entendre à nouveau avec mes deux oreilles, en stéréo, est encore aujourd’hui, tant d’année après les implantations, un énorme bonheur. J’ai toujours activement travaillé la rééducation de l’écoute (écoute intensive de la musique, de documentaires à la TV, de la radio, des conférences, etc.) et je peux dire que pendant plusieurs années, j’ai expérimenté une amélioration de mes expériences d’écoute. La plasticité du cerveau joue un grand rôle, mais c’est aussi un grand gymnaste : plus on l’entraîne, mieux il répond aux sollicitations.

L’évolution technologique

Depuis 2006, j’ai pu expérimenter l’importance de l’évolution technologique des processeurs. Dès 2011, l’oreille droite avait reçu le CP810, déjà nettement meilleur que le Freedom. En 2014, ce dernier a été remplacé par un processeur CP920, puis en 2017, le CP810 avait également été remplacé par un CP920. Dès l’automne 2017, j’étais équipée de deux appareils de la même génération m’offrant les mêmes avantages, et pas des moindres ! Cochlear avait développé des accessoires sans fil ce qui représentait une véritable révolution en matière de confort d’écoute. Quel formidable confort de pouvoir écouter la TV sans un collier magnétique autour du cou grâce au TV Streamer. Quel plaisir de pouvoir téléphoner avec le mobile grâce aux kit téléphone ou d’écouter la musique ou une conférence grâce au « mini-micro » !

Je suis profondément reconnaissante d’avoir pu bénéficier de toute cette technologique, ces évolutions très positives, qui me permettent aujourd’hui de mener une vie quasi normale et de profiter pleinement de ma vie de retraitée active.

Pour aller plus loin

Si vous recherchez des informations sur l’implant cochléaire, je vous conseille vivement le site de CISIC (Centre d’Information sur la Surdité et l’Implant Cochléaire) dont je suis adhérente. Ce site est extrêmement riche en informations et en témoignages de personnes qui sont passées par l’expérience de la surdité et l’implant cochléaire.